Impôt sur les sociétés

Indépendant à domicile : devez-vous payer la CFE ?

DemarchesAdministratives.fr · · Article original
Indépendant à domicile : devez-vous payer la CFE ?

Travailler depuis son salon, enchaîner les missions chez les clients, ne jamais mettre les pieds dans un local professionnel… Beaucoup d’indépendants en tirent une conclusion hâtive : la CFE (cotisation foncière des entreprises) ne les concerne pas. C’est une erreur fréquente, et parfois coûteuse.

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Qu’est-ce que la CFE ?

La cotisation foncière des entreprises est un impôt local, perçu au profit des communes et intercommunalités. Elle concerne toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée en France de manière habituelle : sociétés, entrepreneurs individuels, micro-entrepreneurs, mais aussi certaines structures sans personnalité morale comme les indivisions ou les régies municipales.

Pour être redevable de la CFE, quatre conditions doivent être réunies simultanément : l’activité est exercée sur le territoire français, de façon répétée, à titre professionnel et en dehors d’un lien de subordination salariale.

Les indépendants à domicile sont-ils concernés ?

Oui, sans exception. Le fait de ne disposer d’aucun bureau, atelier ou boutique ne crée aucun droit à l’exonération. Que l’on travaille depuis son domicile personnel ou directement chez ses clients, l’obligation fiscale demeure entière dès lors que les quatre conditions générales sont remplies.

C’est un point sur lequel l’administration ne laisse aucune ambiguïté : l’absence de local professionnel n’efface pas la dette fiscale, elle modifie simplement la façon dont la cotisation est calculée.

Comment est calculée la CFE sans local professionnel ?

En temps normal, la CFE est assise sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l’activité. Lorsqu’il n’existe pas de local, cette base de calcul disparaît et est remplacée par une base minimum, dont le montant est fixé par chaque commune en fonction du chiffre d’affaires hors taxes réalisé deux ans auparavant.

À titre d’exemple, un indépendant ayant encaissé 40 000 € en 2024 se verra appliquer en 2026 une base minimale oscillant entre 250 et 2 509 €. La commune y applique ensuite son propre taux, ce qui explique que deux travailleurs indépendants avec un chiffre d’affaires identique peuvent payer des montants sensiblement différents selon leur commune de domiciliation.

Dans quels cas peut-on en être exonéré ?

Plusieurs situations permettent d’échapper totalement ou partiellement à la CFE.

Exonérations automatiques

La première année d’activité, tout créateur d’entreprise est automatiquement dispensé de CFE. Attention, cette exonération ne dispense pas de déposer une déclaration initiale auprès du service des impôts des entreprises avant le 31 décembre de l’année de création. Sans cette formalité, l’administration risque de calculer la cotisation sans disposer de tous les éléments utiles. L’année suivante, la base d’imposition est réduite de moitié avant de revenir à la normale la troisième année.

De même, les professionnels dont le chiffre d’affaires de l’avant-dernière année n’a pas atteint 5 000 € HT sont totalement exonérés, sans démarche particulière à effectuer.

Certaines professions bénéficient par ailleurs d’une exonération permanente de plein droit : artistes-auteurs, photographes auteurs, professeurs donnant des cours à domicile, sages-femmes, sportifs pour leur seule pratique sportive, ou encore auteurs et compositeurs percevant des droits d’auteur.

Exonérations sous conditions

D’autres dispositifs existent mais dépendent d’une délibération favorable de la collectivité locale. C’est notamment le cas pour les entreprises implantées dans certaines zones géographiques prioritaires (QPV, ZFRR, ZRD…), les jeunes entreprises innovantes, ou encore les médecins s’installant dans un désert médical. Ces exonérations ne s’appliquent pas automatiquement : elles requièrent une demande et l’accord de la commune concernée.

Comment et quand payer la CFE ?

L’avis d’imposition est mis à disposition de manière dématérialisée dans l’espace fiscal professionnel sur impots.gouv.fr, aucun courrier papier n’est envoyé.

Les modalités de règlement varient selon le montant dû :

  • CFE inférieure ou égale à 3 000 € : paiement en une seule fois, au plus tard le 15 décembre. Trois options sont disponibles : paiement en ligne via le compte fiscal professionnel ou le portail portailpro.gouv.fr, prélèvement mensuel automatique (option à souscrire avant le 30 juin, avec prélèvement du 1/10 du montant chaque 15 du mois de janvier à octobre), ou prélèvement automatique à l’échéance (option à souscrire avant le 30 novembre).
  • CFE supérieure à 3 000 € : un acompte de 50 % est exigible le 15 juin, le solde étant réglé en décembre selon les mêmes modalités.

À noter : les micro-entrepreneurs doivent régler la taxe additionnelle à la CFE (taxe CCI) sur une plateforme distincte, accessible depuis leur espace sur auto-entrepreneurs.urssaf.fr.

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